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DEPUIS 1650, DIX GÉNÉRATIONS DE FAISEURS DE FUSILS

 
A
îné des garçons dans une famille où l'on est armurier de père en fils depuis deux siècles, Claude Verney naît à Saint-Etienne au mois de janvier 1800. Il participe en 1820 au Concours d'armurerie organisé par la ville de Saint-Etienne et gagne le premier prix, juste récompense du magnifique travail de sculpture et de monture qu'il avait réalisé sur un bois de fusil. Le Musée d'Art et d'Industrie en fait l'acquisition et le classe parmi les plus beaux spécimens de l'époque. Cette crosse est à l'origine de la Maison car, fier de son succès, Claude Verney prend la décision de signer dorénavant ses œuvres.
   

Il épouse en 1830 Antoinette Carron, elle-même fille et petite-fille d'armuriers (on sortait peu de son milieu à cette époque). Il ajoute alors son nom au sien pour se distinguer d'un homonyme déjà connu dans le métier.
Jean, l'aîné de ses fils, qui devait plus tard lui succéder avec ses frères, naît en 1839. A la mort du fondateur en 1870, la Maison prend donc tout naturellement le nom de Verney-Carron Frères qu'elle conserve jusqu'en 1917. Jean Verney-Carron décède l'année précédente et ses deux frères partent reprendre la succursale de Lyon. Son fils aîné, Claude Verney-Carron, né en 1868, crée alors la société en nom collectif et en commandite Verney-Carron.

A la sortie de la première guerre mondiale, les besoins sont considérables et la décision est prise de créer une véritable usine. Installé sur le Cours Fauriel, ce nouvel établissement, inauguré en 1926, permet d'accueillir dans ses murs le personnel et le matériel d'un autre fabricant, Auguste MARZE, cousin par alliance de Claude Verney-Carron. En raison de l'investissement très important nécessaire à la construction de l'usine, sont sollicités les apports d'autres parents et amis des deux associés dans le cadre de la Société Anonyme créée en 1920.
 


La succursale de Paris,
place de la Bourse, en 1910.
 La crise consécutive au krach de 1929 ne permet malheureusement pas de profiter pleinement de cette nouvelle organisation. Le départ était pourtant prometteur grâce au potentiel important de production et aux campagnes de publicité (catalogue annuel édité depuis 1865, annonces de presse, relances adressées trimestriellement aux clients : 300.000 adresses traitées par un pool de douze secrétaires en 1935). En conséquence, la décision est prise à cette date de transformer petit à petit une entreprise de vente directe au détail en manufacture distribuant ses produits par le réseau des armuriers revendeurs. Cette politique devait conduire ultérieurement à l'abandon progressif des succursales créées à Lyon en 1872, à Marseille en 1876 et à Paris en 1907. Si l'activité première de la Société est la fabrication des fusils de chasse portant sa marque, elle adjoint à la vente d'armes celle d'accessoires et d'équipements pour la chasse dès la parution d'un catalogue général annuel. Avec la crise vient la récession et Verney-Carron ajoute la distribution d'articles de pêche, de tennis, puis la fabrication de bicyclettes sous sa marque à partir de 1936. Cette dernière diversification, à une période où peu de gens sont motorisés, aide l'entreprise à passer les dures années de la seconde guerre mondiale.
 
Claude Verney-Carron décède en 1941. A la Libération, c'est donc son fils Jean, aidé d'Auguste Marze, qui a la lourde tâche de remettre en route une entreprise amputée de la moitié de son personnel et dont le matériel est plutôt obsolète. Il réussit alors à rassembler sous le nom de Groupement d'Exploitation des Fabricants d'Armes Réunis (GEFAR) six manufactures qui apportent à ce groupement leur potentiel en hommes et en matériel. Il est fabriqué plus de 150.000 fusils, malgré la concurrence déloyale des arsenaux de l'État, la majorité sous la marque "Pionnier" adoptée par Verney-Carron.
 
Claude Verney-Carron, fils de Jean, rejoint l'Entreprise en 1948 comme collaborateur à la succursale de Paris. Il rencontre à cette époque le représentant en France d'un fabricant italien peu connu. Celui-ci vient de mettre au point un fusil de chasse semi-automatique très léger. Un contrat de fabrication sous licence est signé en 1954, marquant un nouveau tournant dans l'Histoire de la Maison. Verney-Carron entre véritablement dans l'ère de la production industrielle moderne.
 
Jean Verney-Carron décède en 1961. Albert de Veron de La Combe, neveu d'Auguste Marze, assume la direction avec Claude et Henri, les fils de Jean. La SIFARM (société résultant de la fusion des anciennes manufactures BERTHON Frères, Francisque DARNE, DIDIER-DREVET, GEREST et RONCHARD-CIZERON) est absorbée en 1963, en même temps que la célèbre Canonnerie Jean BREUIL. Verney-Carron souhaite en effet contrôler toute sa fabrication. Henri Verney-Carron, Directeur Technique, maîtrise les secrets de la canonnerie grâce à cet apport. Il décide d'abandonner les anciennes méthodes, met au point des procédés modernes, s'équipe d'un matériel très performant et produit des canons parmi les meilleurs du monde.
 
Le Sagittaire, premier fusil superposé français produit en grande série, est lancé en 1966 et s'assure immédiatement la place de leader sur le marché. De 1970 à 1975 s'installe une période d'euphorie sans précédent qui permet de doubler la production. Malheureusement, survient une nouvelle crise et Verney-Carron connaît une période très difficile jusqu'en 1980. Cette chaude alerte décide Claude Verney-Carron à faire des économies. Il abandonne les locaux du Cours Fauriel pour un regroupement au sein de l'atelier de mécanique du Boulevard Thiers.
 
Verney-Carron emporte dans cette période le marché pour la fabrication de sous-ensembles du FAMAS, le nouveau fusil de l'armée française. Cette collaboration, particulièrement bénéfique, devait durer plus de 10 ans. Elle facilitait l'engagement de l'entreprise dans une démarche de qualité totale. De nombreuses innovations permettent à Verney-Carron de prendre une part en constante augmentation sur un marché en régulière régression. Cela est facilité par la modernisation continue du matériel de production. Après la disparition brutale de Henri Verney-Carron en 1986, Pierre Verney-Carron, son cousin, poursuit avec détermination cette politique.

C'est en 1985 qu'est lancée la fabrication du superposé Sagittaire avec bascule en alliage léger. Le succès est immédiat et la première place sur le marché, acquise avec le précédent modèle en acier, est ainsi conservée.Trois ans plus tard, en 1988, après avoir été testé sur le terrain par des professionnels du tir, le nouveau fusil Super 9 est présenté dans sa version "Trap". Ce premier modèle est suivi par beaucoup d'autres, notamment en 1993 par la déclinaison d'une gamme complète en version "Plume". Celle-ci remplace peu à peu les anciens fusils Sagittaire mais un modèle "Double Express" est conçu sur ce mécanisme en 1989. S'ajoutant à la carabine Impact, il améliore la part de marché en armes rayées.

En 1990 débute la commercialisation d’une arme de défense tout à fait originale, baptisée Flash-Ball, qui depuis a été adoptée par de nombreuses polices et forces de l’ordre.

Le développement et le succès de la gamme du nouveau fusil Super 9 remettent en question le sort du Sagittaire. La décision est alors prise de concurrencer les armes d'importation de faible prix par une redéfinition complète du produit et l'utilisation de moyens ultra-modernes de production. Baptisée "Sagittaire Nouvelle Technologie", cette arme est saluée dès son apparition en 1994, par toute la presse cynégétique et les chasseurs l'adoptent avec enthousiasme.
 
En 1995, Claude Verney-Carron prend sa retraite et, afin d’assurer une transmission sans heurts, il modifie les structures de la Société en adoptant le principe du Directoire et Conseil de Surveillance.
 
 Jean, représentant de la sixième génération, entre au Directoire dont la présidence est confiée à son cousin Pierre, déjà responsable de la production. Claude Verney-Carron assume la présidence du Conseil de Surveillance principalement composé du groupe familial.
 
 La carabine à verrou Impact Plus, entièrement conçue par Verney-Carron, sort en 1996. Son mécanisme, son ergonomie et la qualité de sa réalisation assurent d’emblée son succès.
 
 En cette fin de siècle où la Société va fêter son 180ème anniversaire, l’esprit d’entreprise est plus présent que jamais et les innovations vont se succéder rapidement.
 
 En 1999, un nouveau Flash-Ball destiné aux professionnels de la sécurité, baptisé "Super Pro", et qui deviendra peu à peu une des armes de base de la Police Nationale en attendant d’équiper les polices municipales.
 
 En 2000, lancement de la carabine Impact Auto, la première et la seule carabine automatique de chasse fabriquée en France. Son succès vient renforcer celui du modèle à verrou produit quatre ans auparavant.
 
 En 2002, sortie du dernier modèle du fusil superposé Super 9, comportant de nombreuses améliorations et bénéficiant d’une définition proprement luxueuse qui sera fort appréciée et en fera le fleuron de la gamme.
 
 Cette même année 2002 est prise une grande et importante décision concernant la diversification souvent recherchée. Verney-Carron décide de lancer une ligne de vêtements, puis d’accessoires portant sa marque dont la notoriété lui assure un accueil au-delà des espérances.

 Pour clore provisoirement cette liste, il convient de mentionner l’accord de distribution passé en 2003 avec le créateur du système de visée "L’Infaillible" qui sera proposé sous la marque déposée Optimum, cette marque étant utilisée pour développer une gamme d’optiques et d’accessoires venant compléter ainsi la gamme des produits Verney-Carron offerts sur le marché.
 
 Cette entreprise a donc su marier au fil des années tradition et innovation, utilisant le savoir-faire et les compétences développées en son sein, s’assurant ainsi la fidélité d’une clientèle qui, génération après génération, a fait son succès.

L'usine Verney-Carron, Cours Fauriel,
St-Etienne, en 1926.
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